Bernard Arnault…laisses Betton !

 

        

La mobilisation des personnels du Carrefour Market de Betton demeure exemplaire. En effet sur 4 Carrefour Market (Betton, Belem, Guer et Orléans) concernés par la stratégie de leur direction nationale de les passer en « location-gérance », seuls les personnels de Betton résistent.

Quelques repères, les Carrefour-Market dépendent de CSF (Carrefour Supermarché France) environ 29000 employé-es dont 2181 dans l’Ouest. CSF dépend du groupe Carrefour, environ 118000 employé-es, qui vient d’accueillir Bernard Arnault comme actionnaire important, ce groupe est dirigé par Alexandre Bompard.

Précisons que Bernard Arnault est la première fortune de France et la 9ème mondiale. Il a augmenté sa fortune de 22% en 2016. Alexandre Bompard a bénéficié en 2016 d’un super « bonus boursier » de 14 millions d’€ suite à la fusion de FNAC et Darty, et un plan de « départs volontaires » dans certains services.

Concrètement, le passage en « location-gérance » du magasin entraînerait la perte de 20% de revenus pour les salarié-es, sans parler de la dégradation des conditions de travail et de vie. Notons que ce sont majoritairement des employées femmes et souvent à temps partiel.

Disparition à court terme du CE, du CHSCT des DP et des délégués syndicaux qui négocient au niveau national. En 2019 maxi, pour cause d’alignement sur les ordonnances Macron, tous les mandats actuels seront tombés avec au mieux un petit CSE (Conseil Social et Economique) par magasin. Fini les accords nationaux, les primes vacances, la participation, l’intéressement, changement de mutuelle au rabais, inquiétudes sur la prévoyance et les jours enfants malades, etc. De plus, partout où les Market ont subi ce changement, ils ont supprimé de nombreux emplois, par exemple celui de St Jacques est passé de 27 emplois à 18 entre 2013 et 2017.

Tout bénef pour les actionnaires et les big boss, que des dégradations pour les employées. Petite leçon de chose de ce qui s’appelle « la lutte des classes ». Il faut également savoir que les employé-es des autres commerces (Leclerc, Super U, Intermarché) sont déjà régis par ces formats de « location-gérance » ou « franchisé ». Ils sont tous alignés par le bas en matière de salaires et conditions de travail.

Si l‘excellent film de Ruffin « merci patron » a révélé au grand jour la cupidité de ces dirigeants « hors sol », nous pouvons vérifier que leurs stratégies sont légions, sournoises, culpabilisantes et malheureusement entraînent des soi-disant représentant-es du personnel. La CGT a reculé et les syndicats aidés par le groupe Carrefour progressé au point d’être majoritaires aujourd’hui. A ce jour, grâce à leur exceptionnelle mobilisation et popularité, Betton échappe à la « location-gérance », mais jusqu’à quand ?

C’est pourquoi, toute notre solidarité va pour celles et ceux qui luttent. Bientôt en action, les salarié-es de Betton auront besoin d’un max de solidarité. Le Parti de Gauche y prendra toute sa part. Popularisons cette lutte… !