Seiche, Vilaine, qui pollue et qui paye ?

   

 

Des pollutions majeures affectent le bassin versant de la Vilaine. L’été dernier ce fut la Seiche, plus récemment la Vilaine. Inutile de rappeler que les poissons et autres animaux et plantes constituant la biodiversité aquatique n’y sont pour rien.

Le bassin versant de la Vilaine figure parmi les plus pollués de France. Dans ce bassin, la Vilaine et la Seiche ressortent comme les plus polluées. Ces données sont connues et consultables auprès du SAGE Vilaine (Syndicat d’Aménagement et de Gestion de l’Eau), on y lit entre autres : « Les bassins de la Vilaine amont, du Meu, de la Seiche et de la Vilaine aval sont les bassins les plus impactés par les flux de pollution des industriels isolés. »

Aucun cours d’eau du bassin de la Vilaine n’est classé en « première catégorie » pour la pêche, ce qui renseigne sur son état général.

13% de la masse d’eau des 150 cours d’eau du bassin est considérée en bon état, 60% moyen, 19% médiocre et 7% mauvais. 4% de la masse d’eau des 25 plans d’eau du bassin est bonne, 40% moyen, 12% médiocre et 44% mauvais. 50% de la masse d’eau souterraine est considérée en bon état et 50% moyen.

Les objectifs de récupération d’une bonne qualité d’eau de surface pour 2015 visant une évolution de 13 à 37% n’ont pas été tenus. La décision politique a été de repousser les exigences à plus tard, 2022 voire 2025. Il n’y a donc rien d’étonnant que ce bassin subisse régulièrement des pollutions visibles. Pressions de l’agro-industrie, de l’urbanisme, de l’agriculture intensive, reculades des élus politiques concourent à ces désastres écologiques.

Aux conséquences désastreuses pour la nature, il convient d’y ajouter les conséquences pour l’homme, à court, moyen et long terme, mais il semble que ces « dégâts collatéraux » ne sont pas évalués.

Le principe pollueur/payeur n’est pas véritablement activé, les responsables de l’Union Européenne cèdent régulièrement aux lobbys en repoussant ou atténuant les contraintes et les pénalités.

A Rennes, un consommateur moyen paye à partir du 11ème m3, 2,72€ le m3 puisque les 10 premiers sont gratuits (petit rappel : nous voulions 20m3 dans notre programme municipal de 2014 !) et 1,57€ de dépollution par m3. Donc le consommateur paye 4,29€ par m3 d’eau dont 37% pour la dépollution. Pour savoir combien payent les industriels et les agriculteurs, pas simple mais certainement pas 37% de leur consommation.

Aujourd’hui seule la fédération des pêcheurs maintient sa plainte pour la pollution de la Seiche, idem sur Vitré, ils ont raison, par ailleurs, aucune plainte d’élu.

La responsabilité politique de tous ceux qui sont en place depuis des décennies est criante. Bien entendu il y a les pollueurs qui doivent être identifiés et jugés mais les politiques sont d’une complicité inadmissible.

Il y a urgence à reconsidérer ces questions dites « écologiques » en priorisant d’aspect santé publique, protection des ressources en eau, de la biodiversité et prendre toutes les mesures politiques nécessaires.

Le Parti de Gauche porte l’urgence de « l’écososialisme » dans la France Insoumise et appelle les élu-es, les associations, les syndicats de salarié-es, les citoyen-nes à dénoncer et à agir contre cette hypocrisie écœurante qui continue à faire tant de mal à l’humanité et son environnement.