La vidéo-surveillance à Rennes…

Une délibération du conseil municipal de Rennes du 9 Octobre traitant de l’évolution de la vidéo-surveillance en ville, n’a pas été soumise au vote des conseillers municipaux.
Mme Appéré a défendu l’idée que les questions de sécurité relevant de la seule responsabilité du maire, elle avait donc décidé de ne pas soumettre au vote. Il semble plus vraisemblable que l’affichage divisé de sa majorité l’ait guidée.
A la vraie droite macroniste regrettant que cela n’aille pas plus loin, d’autres groupes dont le PG ont expliqué pourquoi l’évolution de la vidéo-surveillance devrait se traduire plutôt par son abandon, quant au PS macronisé, silence radio … mais pas vidéo.
Pourtant, un rapport d’universitaire nous renseigne que les caméras de surveillance n’empêchent aucun passage à l’acte de vol ou violence et qu’elles ne sont d’aucun effet sur la prévention de la délinquance. Peut-être une petite aide à l’enquête mais dans une proportion infime.
Les seules véritables raisons évoquées au Comité d’éthique (comité mis en place par la municipalité réunissant tous les groupes politiques, la préfecture, le procureur, la police, des représentants d’associations d’habitants, la LDH, le carré rennais) réuni quelques jours avant, s’appuient sur les manifestations liées à la loi El Khomri.
Eh oui, cette période aurait permis de surveiller les manifestations, d’identifier des coupables de casse grâce aux caméras embarquées en hélicoptère ou autres méthodes. Ainsi l’usage des caméras trouve dans la répression du mouvement social une justification pour son renforcement et une plus grande efficacité en passant à la technologie HD et avec 8 caméras mobiles.
Des centaines de caméras jalonnent déjà nos cheminements urbains (transports, bâtiments publics, commerces, lieux publics…), l’urgence est-elle d’en rajouter ou plutôt de supprimer celles des espaces publics.
L’argumentaire porté par la mairie d’équilibrer l’humain (police municipale) et l’outil vidéo renforce, de fait, les arguments des pro-répressifs puisque leurs usages n’ont pas d’autre justification que la surveillance des manifestations, le seul véritable danger à leurs yeux.
La ville passe donc d’un parc de 32 caméras à 48 dont 8 mobiles, sachant que 9 caméras vont être supprimées (dans les 32 initiales) pour des raisons de travaux comme au Gast ou d’inutilité, cela fait donc 17 caméras supplémentaires plus 8 mobiles, soit 25 nouvelles.
Vivement la VIème République pour que la Démocratie réactivée mette sous surveillance les élus et les services de l’Etat.